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Quelques outils pour réduire le stress familial

Aucun parent ne sera « éveillé » tout le temps.  Nous vivons tous des moments de réactivité aveugle qui provoquent la confusion et nous laissent un sentiment d’impuissance.  C’est une partie intrinsèque du rôle de parent.  Au lieu de nous apitoyer sur ce que nous aurions « dû » être, nous devons utiliser ces réflexions comme autant d’opportunités de transformation.

Dr. Shefali Tsabary – The Awakened Family

Pour ma part, ces 5 dernières années ont été ponctuées par de rudes épreuves. Mon parcours personnel a motivé ma conversion professionnelle et mon désir d’accompagner des personnes qui ont un cheminement similaire et sont souvent peu outillées et démunies face au cancer ou à un handicap. En effet, mes 2 cancers, la naissance de nos jumeaux, et l’adaptation à la vie avec notre petit garçon trisomique ont été une grande source d’apprentissage en tant que parent. Je tenais donc à partager avec vous, chers parents et amis, quelques réflexions et outils qui nous ont été utiles dans notre quête de résilience et de bien-être.

Il y a plus d’un mois, tous les parents se sont retrouvés, du jour au lendemain, confinés chez eux avec leurs enfants. C’est une adaptation en soi. Mais pour les parents d’enfants à défis particuliers, c’est encore plus exigeant. Alors qu’il y a quelques semaines nous nous battions pour leur inclusion à l’école, pour leur trouver des services et de l’aide, que nous nous démenions pour qu’ils fassent ne serait-ce qu’un petit pas en avant dans leur développement, tout notre petit édifice semble s’écrouler. D’un seul coup, nous nous retrouvons infirmiers, ergothérapeutes, physiothérapeutes, éducatrices spécialisées, en plus d’être parent, et, pour beaucoup d’entre nous, de continuer à travailler et de s’occuper de la fratrie, de la maison; et sans compter l’énorme incertitude dans laquelle nous nous trouvons, financièrement, professionnellement, et j’en passe.   Pas étonnant que nous nous sentions déjà à bout de nerfs, trop souvent en colère, frustrés, anxieux… D’un côté, nous aimerions pouvoir renvoyer nos enfants à l’école ou à la garderie, et de l’autre, nous sommes inquiets pour eux et leur santé.  Alors… qu’est-ce qu’on fait en attendant? 

La première chose que je voulais vous dire ce n’est pas que « ça va bien aller ».  Comme parents d’enfants à défis particuliers, l’arc-en-ciel, on le cherche depuis des années.  Mais je vous dis que ça va aller mieux… même s’il y a des jours ou ça ira mal.  Puis, avec quelques ressources en plus, et tous ensemble, peut-être que ça va aller un peu mieux chaque jour.

Je vous dis : « Ne lâchez-pas, vous les parents, vous faites déjà un travail admirable, vous êtes déjà résilients, vous êtes déjà assez bons ».   Comme le dit si bien Dr. Tsabary plus haut, personne n’est un parent parfait, mais on peut toujours avancer vers notre idéal tranquillement, et chaque nouvelle journée est une occasion de réessayer.   Je vous propose donc de transformer votre confinement en « cocooning ».  De profiter de l’occasion pour vous refaire une santé familiale, pour créer de meilleures bases pour repartir quand ça sera le temps.  La première étape est de nous libérer de notre stress et de l’autocritique permanente à laquelle on fait face quand on est parents… Prêts?

Les parents d’abord

Dans l’avion, on nous dit qu’il faut mettre notre propre masque avant d’aider les enfants et les voisins.  C’est le même principe dans la vie.  Pour bien s’occuper de sa famille, surtout quand on a des enfants ‘différents’, il faut d’abord sortir de sa position de survie.   En tant qu’adulte nous sommes responsables d’identifier nos propres peurs et incertitudes et de prendre le temps de gérer notre stress, pour ensuite pouvoir mieux aider nos enfants.  Voici un exercice qui peut vous aider à faire le ménage dans votre tête de manière calme et posée.  Je l’appelle « l’espace de mes peurs » et qui vise à faire de la place à ce qui vous inquiète, vous contrarie, vous fait peur.  

L’important dans cet exercice c’est d’être aussi précis que possible quand vous décrirez la situation qui vous embête.  Par exemple, au lieu de dire « je m’inquiète pour l’argent », dites « Je pense ne pas retrouver mon emploi une fois la quarantaine levée ». Puis vous suivez les événements – si « je ne retrouve pas mon emploi », alors « je ne pourrai pas payer le loyer » et alors « je me ferai mettre à la porte », alors « je vivrai dans la rue », etc…   Quand viendra le temps de répondre à la 3e question, vous verrez qu’avant chaque étape du pire scénario, il y a des choses que vous pouvez faire.   

Une fois le souci écrit, vous vous engagez à essayer de ne pas y penser pendant le reste de la journée.  L’espace de vos peurs est limité par la feuille de papier.   A force de décrire, vous verrez que votre évaluation de vos propres ressources augmentera, que votre inquiétude diminuera et que la probabilité que le pire scénario se produise sera réduite, justement parce que vous serez plus conscient de votre pouvoir d’action.  

Répétez l’exercice aussi souvent que vous voulez.  A force de l’écrire, la réflexion vous viendra automatiquement et vous pourrez le faire mentalement. Vous pouvez aussi faire cet exercice avec vos enfants, s’ils sont assez outillés exprimer certaines émotions.  L’utilisation de dessins, de pictogrammes ou autres aides visuelles peut aussi alimenter la conversation avec les plus petits ou les enfants non-verbaux.   

Pour éviter l’épuisement parental/familial

J’ai parlé dans ma première capsule vidéo de la pratique de l’auto-compassion.  Sur la page « Ressources » vous trouverez la méthode que je propose au complet, je vous invite à la consulter et à la pratiquer quotidiennement.  En ces temps difficiles, s’accepter et s’aimer avec nos limitations et nos échecs, et faire la même chose pour tous les membres de notre famille, est capital.    

Une autre technique dont j’aimerais vous parler c’est celle du seau à remplir.  Ça part du principe que pour être résilient, il faut en quelques sortes avoir des réserves de « bon » dans lesquelles puiser; que les personnes résilientes savent savourer des moments de plaisir et utiliser ces moments pour se ressourcer quand les choses vont mal. 

Imaginez que nous avons tous un seau qui représente notre potentiel de bien-être.    Ce seau se remplit et se vide selon vos interactions et les événements de votre vie.  Quand notre seau est plein, on se sent en sécurité, heureux, confiant, optimiste.  Quand notre seau est vide, on est épuisé, désespéré, surmené. Votre seau est-il plein en ce moment?

Pensez à ce qui remplit votre seau et, par opposition, à ce qui le vide: Des gens?  Des activités?  Des gestes ou des paroles?  Une fois que vous aurez identifié quelques éléments, assurez-vous d’inclure au moins trois éléments « remplissants » par jour, et restez loin des choses ou des gens qui vident votre seau, si possible.   Cet exercice peut facilement être adapté à vos enfants et fait en famille.  Si vous avez des enfants non-verbaux ou qui vivent avec des limitations sérieuses, l’exercice sera encore plus porteur essayez de voir ce qui les fait sourire, leur procure du plaisir ou les rend heureux, et assurez-vous qu’ils en reçoivent plusieurs fois par jour.  Les enfants qui ne peuvent pas verbaliser sont particulièrement réceptifs à ce genre d’exercice, tout comme ils sont particulièrement réceptifs au stress et à l’angoisse dans la famille.  Un enfant non-verbal avec un seau rempli aura moins tendance à adopter des comportements négatifs ou crier pour obtenir ce qu’il veut.  Vous pouvez même avoir recours à un véritable seau, pour jouer! 

Je vous mets ici un exemple qui provient de ma propre famille.  Vous verrez que là où ça devient intéressant, c’est lorsque les mêmes actions/personnes se retrouvent dans tous les seaux!  

Je vous invite à pratiquer ces techniques seul.e, en couple ou en famille si vous pouvez.  Un peu chaque jour, pour vous permettre progressivement de dégager de l’espace dans votre vie, et d’y voir un peu plus clair. Dans la prochaine capsule vidéo, nous parlerons de gérer les grosses émotions – les nôtres et celles de nos enfants.  La semaine prochaine, je partagerai aussi des idées d’activité à faire en famille spécialement conçues pour des enfants à capacités diverses.

Vous trouverez les exercices et ressources supplémentaires sur la page Ressources. N’hésitez pas à me faire part de vos questions, commentaires, et préoccupations!

et n’oubliez pas d’aller visiter la page facebook  @coachingsolar pour être avertis des prochaines mises en ligne.